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Line Rochefort : pionnière de la protection des tourbières de la planète

Line Rochefort, professeur titulaire au Département de phytologie de l’Université Laval, est une experte en aménagement des tourbières reconnue internationalement. Elle est aussi membre du Cercle des ambassadeurs de Québec. Son histoire d’amour avec la mousse de tourbe a commencé lorsqu’elle travaillait dans l’Arctique canadien, il y a de cela quelques décennies. « La toundra avec ses mousses et ses lichens m’a immédiatement fascinée, précise-t-elle. J’ai été particulièrement impressionnée de voir de quelle façon ces plantes pionnières transforment une terre en sol fertile – et à quel point elles peuvent servir à sauver la planète. »

« Les tourbières sont les puits de carbone les plus efficaces de la planète, explique Mme Rochefort. Elles sont aussi les plus vastes réserves naturelles de carbone. Cela signifie que les tourbières captent le CO2 de façon naturelle. En fait, elles emmagasinent plus de carbone que tous les autres types de végétaux du monde mis ensemble. » Selon les Nations Unies, les tourbières ne couvrent peut-être que 3 % de la surface terrestre, mais elles emmagasinent jusqu’à 550 milliards de tonnes de carbone, ce qui est deux fois plus que toutes les forêts de la planète. En outre, les tourbières aident à filtrer l’eau et à réguler l’écoulement de l’eau, et sont par ailleurs l’habitat de plusieurs oiseaux et plantes uniques.

Un événement de grande envergure pour protéger les tourbières

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Depuis des dizaines d’années, de façon avant-gardiste, Mme Rochefort s’intéresse aux tourbières. Au début des années 1990, elle a fondé le Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET) en plus de mener de nombreuses recherches et d’occuper son poste de professeur à l’université. Et chaque année, ce groupe tient des symposiums scientifiques pour discuter des plus récentes recherches sur le sujet.

Mme Rochefort est aussi titulaire de la Chaire de recherche industrielle en aménagement des tourbières du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada depuis 2003, et membre du comité directeur de l’International Mire Conservation Group depuis 2004.

Au fil du temps, Mme Rochefort a organisé de nombreux événements dans le but d’encourager les échanges internationaux en matière de recherche sur la conservation et la restauration des tourbières. Elle a, entre autres, été membre du comité organisateur du Québec 2000 Millennium Wetlands Event auquel ont participé plus de 2000 scientifiques de partout sur la planète. « J’ai cru que Québec 2000 serait le dernier grand événement que j’aiderais à organiser », dit en riant celle qui a été nommée ambassadrice de la ville de Québec en 2013 par le Cercle des ambassadeurs.

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En 2014, Mme Rochefort et son équipe ont eu l’idée de mettre sur pied un congrès international qui réunirait, pour la première fois, la Society for Wetlands Scientists (SWS), la Society for Ecological Restoration (SER) et la Canadian Land Reclamation Association (CLRA), trois grandes organisations intéressées par des sujets apparentés, soit la mousse de tourbe, les milieux humides et la restauration du sol.

Comme Québec 2000 Millennium Wetlands Event a connu un succès phénoménal, plusieurs scientifiques souhaitaient revenir à Québec pour un futur événement. « Si vous saviez le nombre de participants de Québec 2000 qui m’ont suppliée de choisir Québec à nouveau! » Ainsi, l’événement intitulé Québec RE3 Conference se tiendra au Centre des congrès de Québec du 8 au 12 juin 2020 et accueillera plus de 1500 scientifiques. Sous le thème Reprendre, Restaurer, Ré-ensauvager (Reclaim, Restore, Rewild), il offrira de riches sessions en plénières ainsi que de nombreux ateliers et excursions. « Au cours des 25 dernières années, ces trois organisations ont développé une expertise approfondie dans la gestion écologique des milieux humides, précise Mme Rochefort. Ce congrès permettra de partager cette expertise avec la communauté scientifique du monde entier. »

« Si vous saviez le nombre de participants de Québec 2000 qui m’ont suppliée de choisir Québec à nouveau! »

Mme Rochefort s’est laissé convaincre de replonger dans l’organisation d’un autre événement de grande envergure en partie parce que le Cercle des ambassadeurs de Québec lui fournit toute l’aide dont elle a besoin pour mettre ce congrès sur pied. Elle souligne de plus que les différents paliers gouvernementaux de Québec appuient depuis longtemps la gestion écologique des tourbières, en offrant du financement pour de la recherche et pour des événements comme Québec RE3 Conference. « Québec est la destination parfaite pour les événements sur les tourbières, puisqu’il y a de nombreuses recherches qui sont menées à l’Université Laval. »

L’importance de réunir la communauté internationale autour l’aménagement des tourbières

« Les tourbières sont malheureusement maintenant endommagées à cause de la croissance de l’empreinte écologique de l’industrie. Plusieurs régions sont surcultivées par l’horticulture ou ont été coupées à blanc pour devenir des terres agricoles, précise Mme Rochefort. Les tourbières sont des écosystèmes à croissance très lente; elles prennent des années à se former. Sans stratégie durable pour restaurer et conserver les tourbières, l’environnement subira des changements catastrophiques comme le relâchement dans l’atmosphère de tout le carbone stocké, la réduction de la biodiversité, les hausses extrêmes de température, etc. »

Selon Mme Rochefort, le Canada est à l’avant-garde des pratiques exemplaires en matière de restauration écologique. Le pays dispose d’environ 25 % des tourbières de la planète et celles-ci couvrent à peu près 12 % de son territoire. « D’une certaine façon, nous disposons d’un grand terrain de jeu pour étudier et faire avancer la recherche sur la protection de l’écosystème des tourbières. »

« Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour éviter de continuer à endommager les tourbières ou pour empêcher leur disparition, dit Mme Rochefort. Mais je reste très optimiste. Je suis convaincue qu’ensemble nous pouvons contribuer de façon importante à maintenir nos tourbières saines et sauves. »

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